Deuxième séance de prévention des risques et désastres aux Gonaives
Projection du film parc Lavisite, Patrimoine en Péril aux Gonaïves
Mieux informer sur la nécessité de protéger l’une des dernières forêts d’Haiti
Pour la deuxième séance de prévention des risques et désastres, les Volontaires des Nations Unies et de Terre des Jeunes ont projeté le film Haïtien parc Lavisite, Patrimoine en Péril. Environ 115 élèves sont venus à l’alliance française voir le film et participer au débat. Sorti en 2008, le film fait état de l’avancement du processus de déforestation et des dangers qui menacent le parc.
Déclarée zone protégée en 1983, le parc national La Visite est aujourd’hui réellement menacé. De 8000 hectares, il y a une décennie, sa superficie boisée ne dépasse pas 800 hectares aujourd'hui.
Ce film, produit par la Fondation Seguin, dénonce l’absence de l'Etat et cherche à sensibiliser la population à la nécessité de protéger le parc. Lavisite représente en effet un château d'eau pour les départements de l'Ouest et du Sud-est. Le programme « Ecoles Vertes » réalisé par la Fondation Seguin avec le support financier de la Fondation Voilà entend éduquer la population de la région et la sensibiliser aux conséquences désastreuses de la dégradation de l'environnement.
Plusieurs milliers d'arbres fruitiers ont été déjà mis en terre dans le cadre de cette activité. Le film montre bien a quel point le parc est une réserve de la Biodiversité, mais aussi un réservoir naturel d’eau pour les habitants vivant dans les villes de Port-au-Prince, Jacmel et Léôogane.
La présentation et le débat étaient, pour cette 2e édition, animés par Antji Daniel Ouachée, responsable National de Terre des Jeunes, également présent à la première projection, et Johannes Horstmann, Volontaire des Nations Unies, spécialiste en développement durable, actuellement a l’Unité environnement du PNUD.
Avant la projection du documentaire, Antji Ouachee a invité les jeunes écoliers à être bien attentifs à cet exemple qui illustre bien le processus de dégradation d’une zone forestière avec des rôles écologiques et environnementaux capitaux pour la vie d’une population de 3 millions d’Haïtiens qui en dépendent. « La Forêt des Pins permet le captage de l’eau et sert de réservoir qui alimente les bassins versants de neuf rivières ; elle remplit aussi le rôle de réserve de la biodiversité où de nombreuses espèces vivantes sont endémiques au Parc La Visite » a indique A.O. Il ajoute que « le Parc possède des ressources naturelles qui bien gérées pourraient améliorer grandement l’économie locale de façon durable en plus d’attirer de nombreux touristes ».
L’un des moments les plus touchants de la soirée survenait lorsqu’Antji Ouachee demandait s’il y avait dans la salle quelques élèves qui aient déjà été dans une forêt. A la surprise générale, pas un bruit, rien, si ce n’est le silence. Antji répète alors la question en demandant aux élèves qui aurait connu la forêt de bien vouloir lever leurs mains. Pas un seul bras ne se lève… cette réponse révèle que Gonaïves est victime de la déforestation depuis bien longtemps. « il faut sans doute remonter 3 a 4 générations pour pouvoir trouver une personne qui puisse vous parler de foret, ou du moins de milieux relativement boisés », indiquait Joël Augustin Dieuseul, le président de terre des Jeunes aux Gonaïves, originaire de la ville.
Après la projection du film et avant de rentrer dans les questions, Antji Daniel Ouachée a voulu mettre l’accent sur l’importance des actions entreprises par des organisations comme Terre des Jeunes, la Fondation Seguin, la Fondation des amis de la nature (FAN) et d’autres encore aussi impliquées dans l’éducation environnementale. « Ainsi, nous sommes en train de participer au développement d’une nouvelle génération de jeunes sensibilisés à la protection de l’environnement et avec cette nouvelle génération, en Haïti, tous les espoirs nous sont permis de pouvoir recréer de vraies forêts même là où il n’y a plus d’arbres. »
Le Volontaire des Nations Unies Johannes Horstaman a, quant à lui, voulu savoir des élèves ce qui les a le plus marqués dans le film. Une élève a répondu que le message qu’elle a retenu était qu’il fallait protéger ce qui restait de forêt et planter d’autres arbres. Un autre élève était impressionné par le fait que des jeunes allaient visiter la Forêt des Pins et qu’ils participaient au reboisement.
Les autres points soulevés au cours du débat étaient liés aux responsabilités de l’État, mais aussi au manque de ressources et à la misère des paysans qui sont obligés de faire du charbon de bois et des planches pour payer l’école à leurs enfants.
Pour ce qui est de l’absence de l’Etat, Johannes a rappelé qu’il ne sert à rien d’accuser l’un ou l’autre mais qu’il faut plutôt rechercher des moyens afin d’exploiter les ressources de la foret pour créer des richesses, mais en ayant une vision a long terme et qui veuille protéger la foret. Il rejoint là Antji, qui propose de trouver une politique débouchant sur l’amélioration des revenus des paysans (afin qu’ils ne soient pas tentés de faire du charbon pour augmenter leurs revenus) et une gestion plus efficiente et dynamique des parcelles ou l’on planterait et exploiterait les arbres, tout en replantant systématiquement les arbres abattus.
Avant la présentation du film, Terre des Jeunes a récompensé les 10 plus belles œuvres réalisées à l’occasion du concours de dessin adressé aux jeunes des Gonaïves sur le thème « le rôle de l’arbre». Rappelons que Terre des Jeunes et le Programme des Volontaires des Nations Unies en Haïti sensibilisent la jeunesse à travers a des actions concrètes comme des concours de dessin sur le rôle de l’Arbre, des actions de reforestation lors de la Fête de l’Arbre, avec son assistance aux écoles par la fourniture de manuel de sciences de l’environnement ou encore avec son programme de jardins scolaires.
La prochaine projection débat aura lieu le 13 mars au tour du thème « les inondations. Que faire pour les éviter? Que faire pour les affronter?

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